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Introduction - Une Histoire des arts numériques, des nouveaux medias, multimedia, interactif - de 1900 à nos jours

Une Histoire des arts numériques, des nouveaux medias, multimedia, interactif - de 1900 à nos jours

De l'invention de l'électricité au biohacking : Art numérique, arts des nouveaux medias, art multimedia, living art ?

Qu'est ce que “l'art numérique” aussi appelé de différentes façons selon les auteurs ? De quels héritages historiques et technique les pratiques artistiques qui s'en revendiquent ont-elles bénéficiées ? D'où proviennent ces cultures numériques aujourd'hui si diverses ?

Pour répondre à ces questions, considérons que dans l'histoire de l'art, les pratiques peuvent être définies par la technique employée : peinture, sculpture, photographie, cinéma, … Pour autant, définir l'art numérique à partir de l'ordinateur ou du code binaire (les 0101001 qui constituent l'élément de base de l'informatique) est à la fois trop large et trop restrictif. Trop large car le numérique s'immisce aujourd'hui partout, y compris dans des pratiques artistiques “traditionnelles” en entrant par exemple à un moment dans le processus de production/création (le montage au cinéma et bientôt la diffusion des films en salle) Trop étroit car en plus de faciliter ce que l'on pouvait faire auparavant avec des techniques traditionnelles, l'arrivée de l'informatique dans les mains des artistes a permis d'imaginer :

  • de nouveaux rapports avec le spectateur qui peut alors interagir avec l’œuvre
  • de nouvelles formes d'écritures et de créations avec par exemple des dessins à partir d'équations mathématiques ou une œuvre nourrie par le réseau informatique)
  • de nouvelles formes de diffusion comme des œuvres “netart” qui n'existent que par et sur Internet ou encore des créations artistiques liées au territoire, “géolocalisée”.

Pour essayer d'y voir plus clair, une approche historique vous est proposée de façon synthétique, en découpant notamment le XXème siècle en différentes phases où s'entremêlent évolutions technologiques et esthétiques.

Avant le XXème siècle

Richard Wagner et l'art total - 1850

 

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On peut considérer Richard Wagner comme un précurseur dans le sens où il écrit en 1849 un essai “L'oeuvre d'art du future” dans lequel il imagine une fusion des différents arts en utilisant l'opéra comme medium. En 1876, ouvre le Palais des festivals à Bayreuth en Allemagne où Wagner va mettre en application ses théories : mettre les spectateurs dans la pénombre, les entourer par la réverbération sonore, jouer des lumières et revitaliser le principe de l'amphithéâtre grec pour focaliser l'attention sur la scène. Ceci préfigurait en quelque sorte la réalité virtuelle et immersive.

Références

Les précurseurs du début du XXième siècle

Luigi Russolo et le Manifeste des bruits - 1913

Luigi Russolo est né le 30 avril 1885 à Portogruaro (Venise) et grandit dans une famille de musiciens. Après un fugitif intérêt pour la musique, Luigi Russolo opte pour la peinture et la gravure. En 1910, il rencontre Marinetti et rejoint le mouvement futuriste. Il signe le Manifeste des peintres futuristes (11 février 1910) et le Manifeste technique de la peinture futuriste (11 avril 1910) et participe à toutes les soirées futuristes, ainsi qu'aux expositions organisées en Italie et à l'étranger.

Le 11 mars 1913, Luigi Russolo publie son manifeste “L'Art des bruits”, où il présente ses théories sur l'utilisation du son-bruit. Peu après, il réalise avec Ugo Piatti une série d'intonarumori, machines sonores spectaculaires conçues pour créer et modifier les sons-bruits dans leur intensité, anticipant les expérimentations sonores qui aboutiront, au lendemain de la seconde guerre mondiale, à la musique concrète de Schaeffer et à la musique électronique.

C'est à partir de ce moment que Russolo abandonne son activité picturale pour se consacrer totalement aux problèmes musicaux. Le 2 juin 1913, au cours d'une soirée futuriste au théâtre Storchi de Modène, Russolo présente au public un éclateur ; le 11 août, un groupe de correspondants de presse étrangers, réunis chez Marinetti à Milan, peuvent voit quinze intonarumori. Le 1er mars 1914, il publie dans Lacerba un article intitulé Grafia enarmonica per gli intonarumoni futuristi (Notation enharmonique pour les intonarumori futuristes), introduisant un nouveau type de notation musicale encore actuellement utilisé par les compositeurs de musique électronique.

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Références

Léon Theremin et le premier synthétiseur 1919

Léon Thérémin, savant russe à la fois inventeur d'instrument musicaux et travaillant pour les militaires de son pays, a été le créateur génial d'un des premiers synthétiseurs audio, c'est à dire inventeur de l'un des premiers appareils capable de produire du son à partir de l'électricité : le Theremin, et ce en 1919.
Cette instrument était non seulement capable de produire une large gamme de sons, transportable, mais était aussi joué grâce à la position des mains de l'instrumentiste vis à vis de 2 antennes, sorte de capteurs électromagnétiques sans contact.

Léon Theremin invente également par la suite un système qui produit du son en fonction des mouvements, des pas de danse d'un utilisateur du “Terpsitone”

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Références

 

 

 

Richard Wagner : Total Artwork 1849 (en Anglais)