Cyberféminismes

Le mot cyberféminisme est utilisé pour décrire les activités d’une communauté féministe s’intéressant au cyberespace, à internet et aux technologies numériques. L’expression a été inventée dans les années 1990 pour décrire le travail critique, activiste, artistique et théorique de féministes sur internet et dans les technologies numériques1,2. S’il résiste à une définition rigoureuse, il s’attache au développement et à l’expression du féminisme dans le contexte des interactions et de l’art en ligne. Source : wikipedia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Cyberf%C3%A9minisme image de couverture : Lynn Randolph, illustration pour la couverture du livre de Donna Haraway “Simians, Cyborgs and Women”, 1991 (deuxième édition).

Expositions et artistes

Un aperçu des expositions et actorices du cyberféminisme dans l'art contemporain.

Expositions et artistes

Computer Grrls, La Gaîté Lyrique, 2019

Et si les ordinateurs étaient des ordinatrices ? Computer Grrrls donne la parole à vingt-trois artistes et collectifs internationaux qui remettent en cause les récits dominants sur les technologies. Elles exhument le rôle méconnu des femmes dès les origines de l’informatique. Elles décodent et recodent les 0 et les 1 et tracent des lignes de fuite vers des imaginaires moins stéréotypés.

Impression 3D, tutoriels Youtube, installations vidéo ou réalité virtuelle… Les oeuvres réalisées par ces artistes chercheuses, hackeuses ou makeuses questionnent la place des minorités sur Internet, les biais de genre, la surveillance numérique et le colonialisme électronique.

Computer Grrrls propose, en marge des oeuvres exposées, une série de rencontres, concerts et DJ sets. Des rendez-vous indispensables pour faire bouger les lignes, et pas seulement les lignes de codes, et proposer un avenir numérique alternatif, plus diversifié et égalitaire.

Avec Morehshin Allahyari, Manetta Berends, Nadja Buttendorf, Elisabeth Caravella, Jennifer Chan, Aleksandra Domanović, Louise Drulhe, Elisa Giardina Papa, Darsha Hewitt, Lauren Huret, Hyphen-Labs, Dasha Ilina, Mary Maggic, Caroline Martel, Lauren Moffatt, Simone C. Niquille, Jenny Odell, Tabita Rezaire, Roberte la Rousse, Erica Scourti, Suzanne Treister, Lu Yang, Zach Blas & Jemima Wyman.

Commissariat d'exposition : Inke Arns (HMKV - Hartware MedienKunstVerein) et Marie Lechner (La Gaîté Lyrique). En coproduction avec le HMKV - Hartware MedienKunstVerein (Dortmund, Allemagne). Exposition dédiée à Nathalie Magnan (1956-2016). L'exposition Computer Grrrls est ensuite exposée au MU (Eindhoven, Pays-Bas) du 20 juillet au 6 octobre 2019.

lien : https://gaite-lyrique.net/evenement/computer-grrrls

 

Expositions et artistes

VNS Matrix

The most consistent VNS Matrix genesis story is that they crawled out of the cyberswamp in the particularly hot summer of 1991. Originally manifesting as "Velvet Downunder", a short-lived alterna-porn cartel, they quickly exhausted the possibilities involving their bodies and scanners, but an unholy alliance with technology and its machines had been forged. VNS Matrix slid in via an aesthetics of slime, its gaze firmly fixed on dripping cipherspace, and spewed forth a blasphemous text which was the birth of cyberfeminism. VNS Matrix was on a mission to hijack the toys from technocowboys and remap cyberculture with a feminist bent.

This is one story.

lien : https://vnsmatrix.net

Expositions et artistes

Projet If It's Good

If It’s Good est une plateforme de recherche fondée sur une méthode féministe, collaborative et inclusive. Née en 2020, l’association agit sur deux axes : programmation artistique et conception d’outils numériques.

lien : https://www.ifitsgood.com/homepage_fr.html#programmation

Expositions et artistes

Hyphen Labs

Hyphen-Labs is an international collective working at the intersection of technology, art, science, and the future. Through their global vision and multi-disciplinary backgrounds they are driven to create engaging ways to explore planetary-centered design. In the process they challenge conventions and stimulate conversations, placing collective needs and experiences at the center of evolving narratives.

lien : http://www.hyphen-labs.com/about.html

Expositions et artistes

Ressources sonores & Articles

Une sélection d'articles a lire inspirants et inspirés




Glitch Feminism(s), pour une esthétique de l'interruption

Glitch Feminism(s), pour une esthétique de l'interruption

Glitch Feminism : du corps virtuel au corps social

"Dans une société qui conditionne le public à éprouver de l'inconfort ou une absolue peur des erreurs et des dysfonctionnements de nos mécaniques socio-culturelles - encourageant implicitement et illégalement une philosophie de "ne pas faire tanguer le bateau !" - le "glitch" devient une métonymie appropriée. Le féminisme, cependant, embrasse la causalité de l'"erreur", et transforme la vision péjorative du glitch en prenant en compte qu'une erreur dans un système social qui a déjà été perturbé par des stratifications économiques, raciales, sociales, sexuelles et culturelles, et par la boule de domination de la mondialisation - processus qui continue d'exercer la violence sur tous les corps - n'est pas, en réalité, une erreur du tout, mais plutôt un erratum nécessaire. Le glitch est une correction de la "machine", et, au contraire, un point de départ positif".

(Traduction de l'Éditrice).

"In a society that conditions the public to find discomfort or outright fear in the errors and malfunctions of our socio-cultural mechanics—illicitly and implicitly encouraging an ethos of “Don’t rock the boat!”—a “glitch” becomes an apt metonym. Glitch Feminism, however, embraces the causality of “error”, and turns the gloomy implication of glitch on its ear by acknowledging that an error in a social system that has already been disturbed by economic, racial, social, sexual, and cultural stratification and the imperialist wrecking-ball of globalization—processes that continue to enact violence on all bodies—may not, in fact, be an error at all, but rather a much-needed erratum. This glitch is a correction to the “machine”, and, in turn, a positive departure."

Source : L. Russell, "Digital Dualism and the Glitch Feminism Manifesto", The Society Pages, 2013

 

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Résumé

Dans son ouvrage, Glitch Feminism : A Manifesto, édité chez Verso Books en 2020, Legacy Russel appelle à s'approprier le glitch (NdlE : bug, problème informatique en français) en tant que figure des dysfonctionnements du corps social, visibles dans le fonctionnement des technologies numériques. En effet, Russel affirme qu'il n'y a qu'une séparation illusoire entre espaces "virtuels" et "réels", tant l'hyper-connectivité affecte les comportements et les liens sociaux. C'est une manière de remettre le corps au centre des préoccupations cyberféministes.

En comparant le glitch aux corps non-inclus par une société perturbée par ses propres évolutions économiques et sociales, Russel nous invite à le considérer, non pas comme un dysfonctionnement effrayant et paralysant, mais comme une nouvelle esthétique révolutionnaire. 

(Note de l'Éditrice)

 

Conférence donnée par Legacy Russel pour l'évènement Refiguring the Future, Eyebeam, février 2019.

 

Liens utiles

Jurgenson, Nathan, "Digital Dualism and the Fallacy of Web Objectivity", The Society Pages, 13 septembre 2011, [en ligne], en anglais.

Russel, Legacy, "Elsewhere, After the Flood: Glitch Feminism and the Genesis of Glitch Body Politic", Rhizome, 12 mars 2013, [en ligne], en anglais.

Russel, Legacy, "Digital Dualism and The Glitch Feminism Manifesto", The Society Pages, 10 décembre 2012, [en ligne], en anglais.

Blog de l'autrice, en anglais

 

Glitch Feminism(s), pour une esthétique de l'interruption

The Queer Art of Failure : théorie queer et stratégies de l'échec

"The Queer Art of Failure is about finding alternatives—to conventional understandings of success in a heteronormative, capitalist society; to academic disciplines that confirm what is already known according to approved methods of knowing; and to cultural criticism that claims to break new ground but cleaves to conventional archives. Judith Halberstam proposes “low theory” as a mode of thinking and writing that operates at many different levels at once. Low theory is derived from eccentric archives. It runs the risk of not being taken seriously. It entails a willingness to fail and to lose one’s way, to pursue difficult questions about complicity, and to find counterintuitive forms of resistance. Tacking back and forth between high theory and low theory, high culture and low culture, Halberstam looks for the unexpected and subversive in popular culture, avant-garde performance, and queer art. She pays particular attention to animated children’s films, revealing narratives filled with unexpected encounters between the childish, the transformative, and the queer. Failure sometimes offers more creative, cooperative, and surprising ways of being in the world, even as it forces us to face the dark side of life, love, and libido."

Jack Halberstam

 

"L'art queer de l'échec cherche à trouver des alternatives - aux définitions conventionnelles du succès dans une société hétéronormative et capitaliste ; aux disciplines académiques qui confirment ce qui est déjà connu à travers des modes de savoir validés ; et à la critique culturelle qui affirme innover mais qui s'accroche à des archives conventionnelles. Jack Halberstam propose "la théorie basse" comme mode de pensée et d'écriture qui opère à plusieurs niveaux en même temps. La "théorie basse" est issue d'archives excentriques. L'auteur prend le risque de ne pas être pris au sérieux. Cela implique de ne pas avoir peur d'échouer et de se perdre, de suivre les questions compliquées à propos de complicité, et de trouver des formes de résistance contre-intuitives. En faisant des allers-et-retours entre théorie légitime et "théorie basse", culture légitime et culture populaire, Halberstam cherche l'imprévu et le subversif dans les cultures populaires, la performance avant-gardiste et l'art queer. Elle donne une importance particulière aux dessin-animés destinés aux enfants, révélant des scénarii rempli de rencontres imprévues entre l'enfantin, le transformatif, et le queer. L'erreur offre parfois plus de créativité, de coopération, et des modes d'être au monde surprenants, qui nous forcent à regarder la face obscure de la vie, de l'amour et de la libido."

(Traduction de l'éditrice, ouverte à corrections)

Glitch Feminism(s), pour une esthétique de l'interruption

Une introduction au datamoshing

Le datamoshing est une manière d'intervenir sur des fichiers vidéo ou sonores en causant intentionnellement des erreurs de compression vidéo afin de produire de nouveaux contenus. Des tutoriels de datamoshing sont disponibles gratuitement à ce lien

Cette technique a notamment été utilisée par Anne-Lise Le Gac et Arthur Chambry pour leur performance DUCTUS MIDI (2018) et dans la pièce sonore The Ghost in the mp3 (2014) de Ryan Patrick Maguire.